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- Parfaite symbiose entre la méditation et l'action , la pratique de la sarbacane est ici élevée tout à la fois au niveau, d'une méditation Zen, d'un Qi gong, d'un Art et d'un Sport. Liant objectif, intuition, décision, action en un seul et même souffle, la Voie du Sarbacana nous invite à découvrir et à expérimenter ce lieu en nous, où lâcher-prise et prise de décision ne font plus qu'un.
Articulés sur la pratique du Zazen et du Qi Gong en mode Transparadoxal., la Voie du Sarbacana , (discipline non compétitive et non guerrière) c'est mettre en pratique, au cœur de tout acte décisif et radical, cette autre façon d'être au monde que nous révèle la méditation. Là se trouve l'un des aspects essentiels de cette école du souffle : amener l'état de conscience induit par la méditation à se frotter-confronter et pénétrer l'esprit du quotidien. En effet ce face à face avec la cible reproduit idéalement la quintessence des conditions de notre vie de chaque instant : "choisir", "décider", "agir", "mener à bien" et ainsi de suite... mais tout cela résolu, cette fois, par l'intelligence du souffle, l'intelligence du hara (le ventre) , l'intelligence du "Chi" révélé au cœur de la méditation.
Cette cible, devenue une parfaite représentation des divers "buts" que nous nous donnons à atteindre tout au long de l'existence, va nous permettre d'explorer les différents types de respirations qui déterminent notre entrée dans l'action. Ainsi que nos modes respiratoires de représentation et d'assimilation de la "réussite" ou de "l'échec ".
Par ce jet-de-souffle qui fait fusionner le corps et l'esprit, La Voie du Sarbacana place notre attention là où l'instant présent délivre son enseignement* . En cela, cette école participe des voies du Zen, du Ch'an, du Taoïsme ou de toute autre discipline qui nous invite à nous poser sur "l'ici-maintenant".
La Voie du SARBACANA, le ZEN en action.
Ritzu Zen (Zen debout)
Il est fort émerveillant de réaliser pendant une méditation des états de conscience plus affinés, mais encore faut-il que cette ouverture, cette béatitude, ne soit pas qu'une parenthèse qui se referme dès que s'arrêtent les conditions particulières qui l'ont permise. Ce lâcher prise, cette vacuité va-t-elle persister dans les règles du jeu du quotidien ? Résister lors d'une prise de décision, être efficace lors d'une action ?...
A l'instant du puissant jet-de-souffle Sarbacana, lors de cet intense cri de silence! Quel mode d'attention va jaillir ? Afin d'atteindre efficacement cette cible, n'allons-nous pas sursauter pour nous glisser dans l'habitude de nos vieux modes d'efficacité ?
Notre état méditatif peut-il induire un acte pragmatique décisif sans se "déchirer" ? Notre lâcher prise va-t-il permettre une prise de décision ?
Alors que le groupe est en méditation Zazen, chaque pratiquant va expirer en flèches de souffle l'état de conscience que la méditation révèle en lui. On ne peut se leurrer, notre flèche touche la cible mais c'est notre esprit qui est touché. L'aiguille de souffle se pique en l'exact point de notre présence. Chaque flèche traverse notre attention exactement là où elle se trouve. Le souffleur se voit tel qu'il est, son souffle le lui montre d'évidence
Et vu du "dehors" cela est tout aussi évident, l'énergie jaillissant du centre du visage, l'espace d'un instant, celui-ci reflète l'esprit du souffle, l'état de conscience, le type d'énergie que la bouche laisse jaillir. Et cela est visible comme le nez au milieu de la figure. Chaque qualité de souffle va modeler son fasciés, faisant tomber le masque des faux-semblant... le temps d'un flash, les yeux brillent de vérité, impossible de tricher.
La pratique de la Voie du Sarbacana est magnifiquement « décapante ».
Le tranchant du Zen est traditionnellement non-traditionnel.
Zazen et Qi gong sont étroitement liées dans la pratique de la Voie du Sarbacana.
Mouvement et immobilité sont inséparables. Lorsque nous sommes immobiles en Zazen , le souffle continue son Qi Gong au sein de cette immobilité. A l'inverse, lors du Qi Gong l'attention qui permet l'articulation des mouvements est elle parfaitement immobile, comme assise en Zazen au sein de cette mouvance. Immobilité et mouvement sont, en quelque sorte des effets de surface, car à chaque instant et en toutes circonstances ils sont toujours présents simultanément en un même lieu d'existence. Ce qui doit être amené à la conscience c'est le mode de vigilance qui permet d'éclairer l'entièreté de ce phénomène, cette forme d'intelligence qui se révèle être totalement trans-paradoxale.
C'est sur cette qualité de présence que s'articule la pratique des jets de souffle Sarbacana.
Michel-Laurent Dioptaz |